LA VERITE POUR UNE VRAIE JUSTICE SOCIALE ET POUR UNE VERITABLE PAIX DURABLE



Quelques rappels fondamentaux ! Il est difficile de faire la paix sans se pencher sur la question de la justice. Tenter de la faire, il en résultera une paix fragile, précaire. De même, il est impossible de faire justice sans d’abord rétablir la vérité. Autrement, il en découlera une justice biaisée. Une paix sans justice et une justice sans vérité sont des bombes à retardement. La paix est la fille de la justice comme la justice l’est pour la vérité, bien sûr, si on est animé de bonnes intentions. La preuve, la vérité peut bel et bien être établie, la justice peut être faite mais les gens peuvent choisir brimer par les rapports de force par la suite. Toutefois, l’on reconnaît que la vérité reste capitale pour une vraie justice et si on peut parler ainsi, elle est capitale pour une juste justice. Et la justice garantit la paix. La vérité dans ce sens, est le premier maillon, le socle, le soubassement de la justice et de la paix. C’est pourquoi dans les pays qui ont connu des moments de trouble, on parle souvent des Commissions, Vérité-Justice-Réconciliation (Paix).
 

Et nous voici aujourd’hui appelés à méditer sur la mission du prophète, qui reste une mission de vérité. En effet, le prophète est le porte-parole de Dieu. Or la Parole de Dieu est Vérité. « Je suis  le Chemin, la Vérité et la Vie » Jn14, 6. Le prophète annonce la Parole de Dieu par sa vie constamment tendue dans l’effort de rester conforme à la vérité. Par sa vie, il s’efforce de témoigner de l’amour de Dieu, de témoigner de la charité de Dieu à ses frères et sœurs. Dieu, effectivement, parle plus par son agir, par ses œuvres, par le faire. C’est pourquoi l’Eglise reconnaît que la lumière naturelle de la raison peut parvenir à connaissance de Dieu en observant l’œuvre de la création. Dieu s’exprime par la création. Eh bien, comme Dieu, le prophète aussi parle par sa vie, par l’effort de sa vie tendue vers l’Evangile malgré ses faiblesses.


Le savez-vous ? Même le silence de Dieu comme celui du prophète est un silence plein de paroles, car c’est un silence bien discerné, un silence mûri et bien réfléchi, un silence éloquemment évangélique, mais un silence mû par l’amour. Dieu comme le prophète ne se tait pas par lâcheté. Ce prophète, tel que nous en parlons, vous et moi sommes appelés à l’être pour le monde en vertu de notre baptême. Nous l’avons dit, le prophète, qu’il agisse, qu’il garde le silence ou qu’il parle, il le fait toujours, du moins, il doit toujours le faire poussé, motivé par l’amour, mû par la charité  pour le salut, pour le plus grand bien de tous, pour sauver le présent et l’avenir. Cette charité qui pousse le prophète à livrer la parole de vérité, Saint Paul nous en parle dans la deuxième lecture. Le chrétien comme prophète ne jalouse pas, n’agit pas par orgueil, ne doit en aucun cas se vanter. Un malhonnête, moins encore un rancunier, ne peut jamais être prophète, un témoin de Dieu. Le chrétien prophète, chers frères et sœurs, se réjouit du bien, du vrai, renonçant au mal, à la vengeance. Il ou elle fait tout par amour et dans l’amour, par charité et dans la charité.




Mais force est de constater que le prophète, qu’il parle, qu’il se taise ou qu’il agisse, il reste un homme ou une femme qui dérange souvent les consciences émoussées ou corrompues. A vrai dire, notre monde, par des idéologies fallacieuses, vit et promeut allègrement la culture du faux, la culture de l’hypocrisie, des apparences, du mensonge, le triomphe des manipulations et de la ruse, la dictature des rapports de force au mépris de la loi. Et l’on soutient et entretient cette culture de l’hypocrisie et des apparences  par ce type de proverbe qui stipule que le sang est rouge à l’intérieur du corps et pourtant la salive qui en sort est blanche.  Jean de la Fontaine faisait déjà ce constat macabre de la société au 17è siècle lorsqu’il écrivait : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… » (Cf. Les animaux malades de la peste). Chers amis, la vie du chrétien fidèle, la parole du prophète dans ce contexte, dérange. Et pourtant, sa parole et sa vie ne sont rien qu’une bonne nouvelle. Il se fait que cette bonne nouvelle interpelle et appelle à la conversion des cœurs et la perte de certains avantages d’une catégorie de personnes.



Les humains, ne voulant pas perdre ces intérêts, ces habitudes malsaines, ces privilèges injustes préfèrent livrer la guerre au témoin de Dieu, à celui ou celle qui choisit de rester  fidèle à sa mission de chrétien ou de chrétienne : lumière du monde et sel de la terre. Autrement, il n’est pas facile d’être chrétien ou chrétienne dans notre monde hier comme aujourd’hui. Jérémie, Paul et Jésus en ont fait l’expérience. Chacun de nous peut faire cette expérience du prix à payer pour annoncer la bonne nouvelle, pour dénoncer le Mal et pour vivre la Parole de Dieu. Oui, il y a un prix à payer ! Et Jésus est resté lucide sur ce point face à ses disciples. Il ne leur a pas caché les hostilités du monde dévoyé. La fidélité a un prix. Retenons-le, la quête de la vérité ne peut pas se passer du chemin de la croix.


Pour tenir bon, pour passer au milieu d’eux allant son chemin, il faut absolument faire des efforts de vivre quotidiennement dans l'humilité,  bien sûr, l'humilité selon Dieu et non l'hypocrisie que les gens manifestent souvent à cause des intérêts égoïstes ou à cause de la peur, prétendant être humbles. Pour tenir debout, il est nécessaire de s’accrocher à Dieu dans une vie de prière intense et intime. C’est là qu’on trouve la force de tenir bon. On ne peut pas accomplir la mission de Dieu sans la force de Dieu qu’on obtient dans la prière. Comme l’a si bien dit l’écrivain J. Rice, il est absurde de vouloir réaliser l’œuvre de Dieu sans la lumière et la force de Dieu. C’est, en effet, dans la prière que Dieu s’adresse à nous en ces termes : « Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. » (Jr1, 19)

             Vidéo : Élie avec les prêtres de Baal(Cf.1R18)

Chers frères et sœurs, faisons-nous amis de la vérité qui nous rend libres (Jn8, 32). Elle nous rend libres de nous-mêmes, libres de nos prétentions et de nos peurs. La vérité nous rend libres du pouvoir et de l’avoir. Elle nous rend libres des autres, libres de toutes pressions intérieures et extérieures. Oui, il faut le dire, la vérité nous rend libres et humble et la liberté intérieure nous rend vrais, authentiques et  véridiques. Le chrétien fidèle à Dieu, le prophète, c’est celui ou celle qui préfère être crucifié (e) pour la vérité au lieu de crucifier la vérité. Il ou elle est souvent martyr de sa vocation d’aimer, martyr de sa mission de serviteur de la vérité mais fier d’avoir gardé son cœur là où se trouve son trésor : Dieu.  Que le Seigneur nous soit en aide.

 
Elie avec les prophètes de Baal

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Rogatien Marie Bamidélé Bamitchoré Ephraïm K., svd

NB : Signalons que ce texte est une homélie du 4ème Dimanche ordinaire de l’Année C)
Textes du Jour : Jr1, 4-5.17-19 / Ps70 / 1Co12, 31-13,13 / Lc4, 21-30

Commentaires

  1. Salut salut, chers amis!
    Vos commentaires sont les bienvenus. Portez-vous bien.
    Ro. B.B.K.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Le vrai Dieu est un esprit,celui qui a façonné cette planète et ses beautés. Nul ressemblance avec les mensonges bibliques qui ont remplacées les véritables faits humains en ce temps dans les paraboles bibliques. Ce qui est malheureusement, aux yeux des corrompus, une chance de jouer et mentir sur des vies humaines de nos jours et causer multitudes de crimes contre les dix commandements instaurés depuis plusieurs années dans les gouvernements pour une justice et une sérénité sur cette planète. Personne n'a pensé, j'en suis certaine,des promesses non tenues devant la justice de milliers de criminels et de réfléchir que leurs mensonges en installant leurs mains sur la sainte supposé bible, se fiaient eux aussi sur ces mesquineries bibliques. Fausses paroles pour fausses promesses.

    Plusieurs sont traités de fous parce qu'ils prient les âmes de sagesse mais eux ne sont pas des meurtriers, ni des corrompus agrandissant leurs groupes d'âmes ayant perdus leurs chemins intérieurs. Les âmes de sagesse sont les meilleures pour nous apporter la sagesse car ils ont déjà vécu l'injustice en ce sens et mieux recevoir la sagesse de comprendre la différence dans notre for intérieur.

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